On confond souvent langue et alphabet. L’histoire (pensons à la réforme d’Atatürk au début du XXᵉ siècle) montre bien qu’une langue peut changer d’écriture, et qu’une écriture peut servir plusieurs langues. L’alphabet arabe est ainsi utilisé — avec des lettres additionnelles et des diacritiques spécifiques — par un grand nombre de langues à travers le monde.
Exemples
- Persan / Farsi (Iran) : ajoute پ، چ، ژ، گ …
- Ourdou / Urdu (Pakistan, Inde) : ajoute ٹ، ڈ/ډ، ڑ، ں، ے، ھ …
- Pachtou / Pashto (Afghanistan, Pakistan) : ajoute څ، ځ، ږ، ګ، ی …
- Kurde (soranî) (Irak, Iran) : ajoute ڕ، ڵ، ێ، وو/ۆ …
- Ouïghour (Chine) : séquences spécifiques (ئ + voyelles : ئە، ئۆ, ئۈ …)
- Sindhi (Pakistan, Inde) : inventaire étendu avec de nombreuses lettres à points
- Jawi (malais) (Malaisie, Brunei, Indonésie, Singapour) : lettres ڤ، ڠ …

Pour qu’une police arabe soit vraiment utilisable en branding, en interface (UI/UX) et en édition, elle doit être plus qu’un joli dessin.
Elle doit d’abord couvrir les alphabets réellement employés sur chaque marché — pas seulement l’arabe « de base ».
Il faut inclure les variantes nécessaires au persan, à l’ourdou, au pachtou, etc.
La police doit aussi proposer les jeux de chiffres adaptés aux usages locaux (chiffres « indiens » ٠–٩, chiffres « persans » ۰–۹, ainsi que les chiffres occidentaux).
Le positionnement des voyelles et des diacritiques doit être précis et stable, y compris quand ils s’empilent.
Ainsi la lecture demeure nette, quel que soit la taille du texte.
Enfin, la police doit gérer automatiquement les liaisons et les comportements propres à chaque langue, pour que le texte « coule » naturellement dans tous les logiciels.
En bref : une bonne police arabe combine couverture complète et clarté de lecture. Elle reste fiable et cohérente sur tous les supports.


Chez Babelfont, nous concevons nos familles pour une couverture multiscript et multilingue. Au-delà de l’arabe standard, nous visons le persan (farsi), l’ourdou, le pachtou, le kurde (soranî), l’ouïghour, le sindhi, le jawi, etc. Chaque famille intègre des formes locales, des diacritiques robustes et des jeux numériques adaptés. Résultat : des typographies arabes prêtes pour des écosystèmes de marque globaux, cohérentes du print au digital et crédibles sur chaque marché.